25 juin 2008
Histoire d'une photo
On a le plaisir aujourd’hui de parler avec Monsieur Devereaux, l’homme immortalisé par la photo «Le lapin», prise en 1954 par le grand photographe français Robert Doisneau. Monsieur, racontez-moi votre vie au moment de cette photo.
-Cette photo est prise il y a dix ans ; alors j’avais 65 ans à cette époque-la. A la retraite, veuf, je pouvais passer des heures comme je voulais. Mon passe-temps préféré était de me promener avec Charlie—c’est le nom du lapin. Ces promenades évoquaient toujours mes meilleurs souvenirs de la campagne.
Alors, vous n’habitiez pas toujours à Paris ?
-Non, non pas du tout. J’ai grandi dans un tout petit village près de Lyon. Mon oncle était fermier, et je me suis occupé de ses lapins--voilà le début de mon intérêt. Comme un adulte, j’avais fait partie de l’armée française pendant la première guerre mondiale, et après j’ai rencontré ma femme, une parisienne, et me suis installé à Paris. Alors, j’y habite depuis 35 ans. Et je trouve toujours merveilleux le Champs de Mars devant le Tour Eiffel.
Et cette photo, était-elle spontanée ? Avez-vous connu Robert Doisneau avant cette photo ? Ou s’est-il approché de vous en demandant si c’était possible de prendre cette photo ?
-Oui et non. En fait, Robert Doisneau est mon ami depuis longtemps. Il est plus jeune que moi, presque vingt ans, mais nous sommes devenus très proche pendant la deuxième guerre mondiale. Alors, une fois, plusieurs années plus tard, il a eu la chance d’être a Paris avec un après-midi libre, et nous avons fait une promenade ensemble, avec Charlie bien sûr. Il m’a dit «C’est incroyable ! Un lapin qui peut faire des promenades ! Il faut le montrer à tout le monde ! On va faire rire des enfants !» Alors, ce qui me touche toujours est le fait que cette photo est prise pour le seul but de partager la joie.
Merci pour cette interview Monsieur. Vous et Charlie le lapin avez vraiment charmé tout le monde avec cette promenade. Dernier question : Imaginiez-vous que cette photo deviendrait aussi connue?
-Je savais qu’il y avait la possibilité. Après tout, Robert Doisneau est extraordinaire derrière un appareil photo.
Judith et Holopherne
La vie d’une artiste est très dure, mais la vie de son chien est plus dur. Je me souviens quand ma maîtresse peignait son grand tableau. Il a commencé quand ma maîtresse est rentrée chez nous. Elle était très triste. Elle pleurait beaucoup. J’étais un bon chien, alors j’essayais de la réconforter. Ensuite, elle m’a raconté la raison de sa tristesse. Elle m’a dit que quelqu’un l’avait violé quand elle marchait dans la rue. J’avais beaucoup de tristesse pour elle, aussi. C’était terrible.
Ensuite, elle est devenue folle. Elle a couru vers ses peintures à l’huile et elle a commencé à peindre. Je la regardais, mais ce tableau était différent que des autres qu’elle avait peints. J’ai vu un homme ! « Oh là là, c’est interdit. » je pensais. Les femmes artistes pouvaient seulement peindre des portraits ou des fleurs. Quand une femme peindre le corps d’un homme c’est vulgaire. Elle est discipliné. Tout le monde pense qu’elle est « une femme de la rue. » J’avais beaucoup de peur dans mon cœur.
Pendant dix jours elle a peint. Elle ne mangeait pas, elle ne dormait pas, elle ne me donnait pas de la nourriture. Elle était vraiment folle. Cependant, à la fin de la dixième journée, elle a fini. J’ai regardé le tableau. Oh, c’était magnifique ! Quel chef-d’œuvre ! il racontait l’histoire biblique de Judith et Haloferne. L’histoire était que Judith était une princesse, et pour aider son pays, elle a allé avec Haloferne. Judith est devenue l’esclave sexuel d’Haloferne. C’était terrible. Cependant, un soir, Haloferne est retourné dans l’ivresse. Judith a profité de son ivresse et elle a coupé le tête d’Haloferne. Elle était une héroïne.
Maintenant, je comprends. On avait violé ma maîtresse, alors c’était une méthode de sublimation. Elle aurait voulu couper le tête de l’homme qui l’a violé. Je lui ai pardonné parce qu’elle m’ignorait. C’est son chef-d’œuvre. C’est vraiment beau. Les lignes qui forcent toute l’attention au tête d’Haloferne. Le couleur du sang. Les expressions du visage de Judith et sa servitrice. L’épée, le lit, les ombres, tout est magnifique.
Allégorie de la Victoire
J’ai
rêvé une nuit que j’étais une femme très forte, supérieure aux autres. J’étais
une femme qui portait le monde entier sur ses épaules. Comme vous voyez,
c’est rare pour une femme, vraiment une femme comme moi. Je suis pauvre,
seulement une artiste qui vis dans le moment. Je n’ai pas les même droits
que les autres ; les hommes, les bourgeois, les riches. Donc, dans mon
rêve, j’étais elle, la déesse. Je portais des ailes, j’étais dans la
nue. La seule chose que je portais était une écharpe de soie rouge.
Dans mon rêve, j’ai reçu des ordres de la déesse Nike. Elle m’a parlé et
elle m’a dit qu’il était nécessaire de tuer un homme. Mais elle ne m’a
pas expliqué pourquoi. Je devais suivre ses ordres ou je serais condamné
à l’enfer.
L'Angélus par Millet

Ma femme et moi, nous travaillions aux champs. Le temps était bon pour travailler— il y avait plusieurs nuages au ciel et donc on ne sentait pas encore la chaleur du soleil. Ça changerait peut-être plus tard ce jour-là, mais à ce moment-là c’était bon. Nous travaillions aux pommes de terre, qui avaient eu une mauvaise saison l’année dernière. Alors, il était absolument nécessaire d’avoir une bonne moisson cette année.
Je ne sais pas pourquoi M. Millet voulait nous peindre ce jour-là. Il faisait bon pour travailler, mais on avait pensé qu’un peintre aurait mieux aimé plus de soleil. Ce n’est pas une belle scène— nous sommes complètement couverts par les ombres dans ce tableau— et je n’ai aucune idée pourquoi qu’on l’a mis dans une musée, mais j’étais très intéressé quand j’ai reçu cette copie.
Il nous avait rencontrés à l’aube, quand on sort de la maison avec les outils. Ce ne me dérangeait pas s’il voulait nous peindre, mais on devait travailler et je lui ai dit qu’il serait sage de ne pas nous distraire. Il était d’accord, et il est resté pendant toute la matinée sans nous interrompre.
A ce moment-là, les cloches de l’église en ville avaient sonnées et ma femme nous a arrêtés pour prier l’Angélus, la prière pour les pauvres. J’aurais voulu continuer à travailler ; si nous n’avions pas de bonne moisson cette année, on prierait pour nous en priant l’Angélus. Mais c’est toujours important pour elle de le faire, de maintenir ce rythme : tous les jours, quand les cloches sonnent, on s’arrête pour prier. Elle est si pieuse ; moi, pas assez, mais il la rend heureuse quand je prie avec elle. Elle croit que nos prières sont plus fortes si nous les disons ensemble.
26 juin 2008
Raconter l'histoire d'une image
Vous allez choisir une image (un tableau, une photo...) et vous allez écrire l’histoire de la création de cette image. Vous pouvez le faire de plusieurs points de vue différents :
- Vous vous mettez à la place de l’artiste, et vous racontez comment et pourquoi il a réalisé cette oeuvre.
- Vous faites parler un témoin du moment où l’oeuvre est réalisée, ou bien un des personnages représentés.
- Vous donnez la parole à l’image elle-même : elle raconte comment elle est née, mais aussi son histoire depuis sa création (achetée, exposée chez son propriétaire, dans un musée, vendue, oubliée dans un grenier...)
- Vous vous mettez à la place de celui qui regarde l’oeuvre : il exprime ses réactions et ses sentiments, il rêve, il imagine quand, comment et pourquoi cette oeuvre a été créée.
Consignes :
- Dans tous les cas, c’est un personnage subjectif qui s’exprime, et votre texte doit être rédigé à la 1ère personne.
- Vous utiliserez principalement les temps du passé (passé composé, imparfait, plus que parfait).
- Vous chercherez des informations historiques sur le créateur de l’image, sur son oeuvre et sur le contexte historique de cette création.
Pour choisir un tableau, vous pouvez aller sur le site du musée d’Orsay (Paris) :
http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/peinture.html
ou sur celui du musée du Louvre (Paris) :
Pour choisir une photo, vous pouvez allez à l’adresse suivante, et cliquer sur le nom d’un des grands photographes présents :
http://monsieurphoto.free.fr/index.php
Vous pouvez aussi choisir une image qui se trouve à une autre adresse. Dans tous les cas, vous enregistrerez l’image que vous avez choisie et vous la posterez sur le blog avec votre texte, en donnant des informations à son sujet (auteur, titre, date, etc...)
Edgar Degas : La classe de danse
Hier, je me suis assis et j’ai regardé les danseuses dans une grande salle. Il y avait beaucoup de jeunes filles, peut-être vingt dans la salle. C’était le matin avant que la classe a commencé. Le soleil du matin illuminait la salle. Leurs chaussons de danse roses et leurs tutus brillaient. La salle était vivante et enthousiaste. Les jeunes filles se sont étirées et une jeune fille s’est assis sur le piano pendant qu’elle parlait à ses amies. Il
y avait les petits bruits ; les murmures, les rires, les bruits des
chaussons de danse et les réajustements de leurs coiffures et toilettes. Elles ont attendu patiemment que leur classe ait commencé. Quand l’horloge a sonné 9h, les filles ont fini lacer leurs chaussons de danse. Apres deux ou trois minutes, leur professeur, un homme âgé qui marchait avec une canne, est entré dans la salle. Avant que la classe commençait, il a parlé avec la pianiste et puis avec un groupe de filles. Elles ont écouté attentivement avec enthousiasme. Je n’ai pas entendu ce qu’il a dit. Peut être quelques mots d’encouragement ou ce qu’elles pratiqueraient pour la journée. Ils n’ont pas resté là pour longtemps et puis ils ont commencé la classe quand je suis partie.
(Mac Kenzie Retzer)
27 juin 2008
Histoire d'une image
Toujours, nous travaillions plus de quinze heures. La boue couvrait nos corps et le soleil très chaud nous faisait être comme des sculptures d’argile ambulantes. Tout cela pour l’or qui nous séduisait.
Un jour, il n’y a pas longtemps, quelqu’un a trouvé de l’or dans cette foutue colline. Comme je n’avais pas du travail et comme j’étais sans terre, j’ai décidé, par nécessité, d’aller à la mine d’or de Serra Pelada. Tout le monde disait qu’on pouvait s’enrichir en trouvant de l’or de cette mine, qui était la plus grande mine à ciel ouvert du monde.
J’ai gagné un peu d’argent en trouvant de l’or, mais est-ce que cela valait la peine ? J’ai vu beaucoup de mineurs mourir dans des glissements de terrain, et ceux qui ont travaillé dans la mine ont été contaminés par le mercure que nous utilisions.
Dans le trou, qui se trouvait toujours plus proche de l’enfer, on n’était pas un individu. Nous étions une masse sans identité. Moi et les 60.000 autres personnes, nous étions des fourmis dans la fourmilière.
J’ai fui la mine avec un peu d’argent. Aujourd’hui j’ai une petite ferme dans la campagne. Il y a un proverbe au Brésil qui dit que tout ce qui brille n’est pas d’or, mais, après avoir travaillé dans la mine, je ne suis plus attiré par les choses brillantes.
Auteur :
Sebastião Salgado
Légende :
Vue d'ensemble de la mine d'or de Serra Pelada, Brésil, 1986
Ajoutée le :
14/02/03

